Dérives médiatiques
Le dimanche 14 septembre 2008 à 21:53 - Lien permanent
Comme je l'ai déjà dit, les journaux télévisés s'enfoncent dans le larmoiement au détriment de l'information. À ce titre, le traitement de l'affaire des soldats français morts en Afghanistan est exemplaire. Ce genre d'événements revêt une double dimension, publique et privée. La dimension publique correspond à un exposé des faits et leur analyse, si possible accompagnée d'explications sur le contexte — complexe — de l'intervention en Afghanistan. Bien évidemment, cette dimension a été traitée par les médias, avec des fortunes diverses.
Là où le bât blesse, c'est lorsque les médias s'attaquent à la dimension privée des événements. Cet aspect privé, c'est la douleur des familles des soldats morts. Cette douleur est normale, prévisible ; c'est le genre de douleur ressentie par tous les êtres humains confrontés à une situation de ce type. En ce sens, la montrer ne présente aucun intérêt pour le téléspectateur : voir une personne éplorée n'apporte aucun éclairage sur la situation. Passons par ailleurs sur le regard voyeur porté par les télévisions : nous sommes malheureusement habitués à ce type d'intrusions...
Cette exemple illustre bien, je trouve, la propension des médias à faire parler ceux qui n'ont rien à dire, à montrer ce qui n'a pas d'intérêt, à défaut peut-être d'être capable de traiter vraiment les sujets...
Commentaires
Ce a quoi nous renvoit les médias me fait de plus en plus penser à un film de
Costa-Gavras " Mad City " ... médiatisé l'immontrable, le jusqu'auboutisme dans le pathos ... filmer la douleur, les détresses humaines.
Parallèlement, je fais un lien bizarre, peut-être, mais bon ... Ainsi, le visionnage d'une série comme le Docteur house ( où beaucoup d'autres qui se passent en milieu hospitalier ) rassure en fait le telespectateur lambda sur ses petites peurs personnelles au quotidien ...
Au fait je ne sais pas comment je suis arrivé sur ce site, je cherchais des renseignements sur mon compositeur de musique contemporaine préferé : Ligeti --- Les hazards du net qui ont du bon ! car ce blog me semble trés bon, je reviendrai ...
Cordialement
Carl
Merci Carl ! Mais je ne vois vraiment pas quel lien tortueux a pu mener de Ligeti à mon site... ;-)