Comme je l'ai déjà dit, les journaux télévisés s'enfoncent dans le larmoiement au détriment de l'information. À ce titre, le traitement de l'affaire des soldats français morts en Afghanistan est exemplaire. Ce genre d'événements revêt une double dimension, publique et privée. La dimension publique correspond à un exposé des faits et leur analyse, si possible accompagnée d'explications sur le contexte — complexe — de l'intervention en Afghanistan. Bien évidemment, cette dimension a été traitée par les médias, avec des fortunes diverses.

Là où le bât blesse, c'est lorsque les médias s'attaquent à la dimension privée des événements. Cet aspect privé, c'est la douleur des familles des soldats morts. Cette douleur est normale, prévisible ; c'est le genre de douleur ressentie par tous les êtres humains confrontés à une situation de ce type. En ce sens, la montrer ne présente aucun intérêt pour le téléspectateur : voir une personne éplorée n'apporte aucun éclairage sur la situation. Passons par ailleurs sur le regard voyeur porté par les télévisions : nous sommes malheureusement habitués à ce type d'intrusions...

Cette exemple illustre bien, je trouve, la propension des médias à faire parler ceux qui n'ont rien à dire, à montrer ce qui n'a pas d'intérêt, à défaut peut-être d'être capable de traiter vraiment les sujets...