La crise financière et le « web 2 »
Le samedi 18 octobre 2008 à 22:36 - Lien permanent
« Web 2 », cela désigne (entre autres) les nouveaux services en ligne, du type réseaux sociaux, super-webmails, suites bureautiques... Dans ce domaine, Karl Dubost nous démontre que les conséquences de la crise sur les utilisateurs pourraient bien être catastrophiques : qui vous dit que ceux qui détiennent vos précieuses données ne vont pas mettre la clé sous la porte, ou rendre le service payant, du jour au lendemain ? À méditer à l'heure où on nous vante tant les mérites du cloud computing...
Mais « Web 2 » désigne aussi les projets collaboratifs, tels que Wikipédia et l'open source. Et là, l'impact pourrait bien être positif. En effet, plus de chômage, donc plus de temps libre (spare cycles), donc potentiellement plus d'implication des individus.
À propos des spare cycles, Clay Shirky développe une théorie très intéressante du surplus social. Lors des premières révolutions industrielles, la société s'est profondément transformée (urbanisation, etc.). Les individus ont-ils su tirer parti de ses changements ? Pas dans un premier temps : au contraire leur réaction fut de noyer dans l'eau de vie leur désarroi devant ces changements. Les progrès du monde moderne (éducation, démocratie, bibliothèques, musées, etc.) ne sont apparus que dans un second temps. La troisième révolution industrielle a apporté un surplus de temps libre ; comment l'a-t-on occupé ? Pendant 40-50 ans, en s'abrutissant devant la télévision. Rien qu'aux États-Unis, cela représente 200 milliards d'hommes-heures par an. D'après Shirky, il s'agit ici aussi d'une phase transitoire, qui commence à prendre fin. Grâce notamment aux NTIC, ce temps de cerveau disponible commencerait à être employé à autre chose qu'à subir niaiseries et publicités. Et il y a une énorme marge de progression : selon Shirky, Wikipédia en l'état actuel (toutes langues confondues) représente un travail de 100 millions d'hommes-heures. À comparer au chiffre de la consommation de télévision...