Scientologie
Le samedi 31 octobre 2009 à 09:41 - Lien permanent
Acte I : en juin, le Parquet requiert la dissolution de la branche française de la Scientologie. Un bref instant, on peut rêver que ces réquisitions soient suivies, et in fine la peine appliquée...
Acte II : en septembre, patatras, on apprend qu'une loi adoptée en catimini (sans débat : mais comment est-ce possible ?). En effet, un tribunal ne peut plus prononcer la dissolution d'une association convaincue d'escroquerie. Une loi faite sur mesure, à n'en pas douter.
Acte III : dans la foulée, le Parquet annonce qu'une solution sera trouvée coûte que coûte, pour que la Scientologie soit bel et bien dissoute.
Acte IV : fin octobre, le jugement est rendu : la Scientologie est condamnée à payer une amende, et le jugement doit être publié dans des journaux français et étrangers, mais bien entendu, plus question de dissolution. Les journalistes évitent soigneusement de rappeler la promesse faite en septembre par le Parquet.
Acte V : le président de la Mivilude se réjouit de cette décision. Mais Glazou pouffe devant les titres des journaux étrangers qui doivent publier la décision. Je ne doute pas que les responsables de la Scientologie soient eux aussi en train de se payer une tranche de franche rigolade.
Le pouvoir législatif (le parlement qui adopte à son insu un texte ad-hoc), le pouvoir judiciaire (qui a les pieds et poings liés), le pouvoir exécutif (la Mivilude), tous trois ridiculisés par la Scientologie... Quel échec, quelle consternation...

Commentaires
Je ne trouve pas que le pouvoir judiciaire se soit ridiculisé ; il s'est contenté d'appliquer la loi.
Ce qui fait surtout peur dans cette affaire, c'est :
1/ l'influence qu'a pu avoir l'Eglise de Scientologie auprès du gouvernement (car il ne fait pas de doute que le député qui a déposé la proposition n'était qu'un intermédiaire bien opportun...) ;
2/ le manque de contrôle des parlementaires face à l'inflation législative actuelle, qui présente un danger réel pour la démocratie. La loi dont il est question a bien été sujette à débats devant les deux assemblées ; seul l'article supprimant la possibilité de dissoudre une personne morale est passé inaperçu...
Certes, le pouvoir judiciaire s'est contenté d'appliquer la loi, mais une loi contraire aux réquisitions initiales du Parquet (qui demandaient la dissolution). Et n'oublions pas que ledit Parquet s'était engagé à trouver une solution, ce qui finalement n'a pas été possible. Je ne dis pas que la justice s'est ridiculisée, mais qu'elle a été ridiculisée par la scientologie...
Tout à fait d'accord sur les deux points que vous évoquez.