L'essence même du radioamateurisme réside dans l'expérimentation : émetteurs, antennes, et bien entendu modes de modulation. Ainsi, des radioamateurs ont inventé des modulations particulièrement bien adaptées à leur activité, par exemple le PSK31 il y a quelques années.

Or la réglementation française est très restrictive sur le sujet : elle n'autorise que quelques-unes des classes d'émission de l'UIT, et imposer d'utiliser un langage, une modulation, déjà connus de l'UIT. Il semble de plus qu'il faille désormais obtenir une autorisation d'expérimenter. Bref, de quoi décourager toute personne désireuse de rester dans la légalité.

L'association DR@F (Digital Radioamateur France, qui expérimente en D-STAR) vient de publier un bilan des modes de modulation numériques couramment utilisés par les radioamateurs français. On y apprend qu'une partie des émissions réalisées actuellement s'avèrent en fin de compte illégales, car utilisant des classes d'émission non ouvertes aux radioamateurs français.

L'association demande donc que toutes les classes d'émission reconnues de l'UIT soient ouvertes aux radioamateurs français, avec bien sûr des limites en bande passante. Je pense que c'est une très bonne idée, qui a vocation à rendre sa vocation d'expérimentation aux radioamateurisme.

Cependant, je pense qu'il faut aller plus loin car dans une classe d'émission donnée, la réglementation restreint les émissions aux modulations connues de l'UIT. Ce point mériterait d'être précisé, de façon à ce que chacun puisse mener des expérimentations sur des modulations nouvelles, sous réserve bien entendu que celles-ci soient accessibles aux autorités (et pas forcément validées officiellement par l'UIT).

On pourrait imaginer un fonctionnement comme suit : l’émission dans une modulation inconnue de l’UIT doit être précédée d’un message en classe A1B ou F1B (télégraphie automatique), utilisant le code Morse international, donnant la classe d’émission qui va suivre, l’indicatif de l’émetteur, le nom de la modulation expérimentale utilisée, et l’URL de la page web où ses spécifications complètes (i.e. permettant la réalisation d’un récepteur) peuvent être consultées.

Ne serait-il pas logique qu'en raison de leur statut officiel d'expérimentateurs, les radioamateurs disposent automatiquement d'une autorisation d'expérimentation permanente ?

Info via F1JKJ.