Christophe Jacquet — Carnet — Mot-clé : Obscurantisme

“Stop

KISS

A few years ago I administered a test in which I asked students to expand the KISS acronym (“Keep It Simple Stupid”). Although I had explained the KISS principle during the classes, I got some “interesting answers”:

  • Kinesthetic Interface State System
  • Keystroke Interface System Software
  • Keyboard Input Single Static
  • Keystroke Interface Selection
  • Knowledge Identify Simplify Steps
  • Keystroke Interface System
  • Knowledge Interesting Sensitive
  • Key Interface Sensitive Software
  • Keyboard, Interaction, Selection, Separation
  • Keystroke Interaction Simple
  • — Interface Simple Stupid
  • Keystroke Interaction — —
  • Keep It Simply Stupid
  • Keystroke Interface State
  • Keystroke Interface Selection State
  • Keyboard Interaction Service System
  • Keystroke Interaction Selection System
  • Keystroke Interaction Shape State machine
  • Keystroke Interaction System Solution
  • Keyword Interface Simple Services
  • Keystroke Interface Service Simple
  • Keep Interface Simple System
  • Keystrocking (sic) Interactivity Size Shape
  • Kiosk Interactive Simple Software
  • Keyboard Interface Signification Sensibility
  • Kinestesic Interaction Sensor Sensitive
  • Knowledgeable Interactive Simple Safe
  • and finally: Kabul Is Soft Saber (for Bush)

Darty : le contrat d'incompétence ?

Mon père a reçu en cadeau un récepteur GPS, qui s'avère défectueux. Il appelle donc le vendeur, Darty. Verbatim :

— Mon GPS est en panne.
— Quel est le problème ?
— Il ne reçoit pas les satellites ; c'est gênant pour un GPS.
— Oui, mais vous l'avez essayé où ?
— En champ libre.
— C'est normal Monsieur, un GPS ne fonctionne pas au milieu de champs !
— Comment cela ?
— Eh oui, il y a des zones non couvertes par les relais, il faut l'essayer en ville !
— Que me chantez-vous là, un GPS fonctionne avec un réseau de satellites qui couvre la terre entière, ça n'a rien à voir avec des relais terrestres ! Vous êtes vraiment un technicien ?
— Oui Monsieur, technicien Darty ! Les GPS utilisent les mêmes relais que les téléphones mobiles. Si vous allez dans une zone inhabitée, il y a des chances pour que vous ne soyez pas couvert par le GPS.

À ce stade, mon père a compris qu'il avait affaire à une cause perdue ; il a donc renoncé a argumenter avec le « technicien »... Après lui avoir demandé si la batterie était chargée (!), et si le firmware et la carto étaient à jour, ce dernier a fini par annoncer :

— Alors, rapportez-le au magasin !
— C'est ouvert aujourd'hui ?
— Pas de problème, tous les magasins Darty de France sont ouverts.

Après une demi-heure de route, mon père a pu constater que son magasin était fermé le dimanche.

Si vous croyez que ce « technicien » est d'une inculture et d'une incompétence exceptionnelles, vous vous trompez. Je vous raconterai un autre jour la fois où j'ai demandé des renseignements sur une clé USB à un vendeur Darty.

Et si au contraire vous n'êtes pas profondément choqué par la prestation de ce technicien, un petit rattrapage s'impose d'urgence !

Scientologie

Acte I : en juin, le Parquet requiert la dissolution de la branche française de la Scientologie. Un bref instant, on peut rêver que ces réquisitions soient suivies, et in fine la peine appliquée...

Acte II : en septembre, patatras, on apprend qu'une loi adoptée en catimini (sans débat : mais comment est-ce possible ?). En effet, un tribunal ne peut plus prononcer la dissolution d'une association convaincue d'escroquerie. Une loi faite sur mesure, à n'en pas douter.

Acte III : dans la foulée, le Parquet annonce qu'une solution sera trouvée coûte que coûte, pour que la Scientologie soit bel et bien dissoute.

Acte IV : fin octobre, le jugement est rendu : la Scientologie est condamnée à payer une amende, et le jugement doit être publié dans des journaux français et étrangers, mais bien entendu, plus question de dissolution. Les journalistes évitent soigneusement de rappeler la promesse faite en septembre par le Parquet.

Acte V : le président de la Mivilude se réjouit de cette décision. Mais Glazou pouffe devant les titres des journaux étrangers qui doivent publier la décision. Je ne doute pas que les responsables de la Scientologie soient eux aussi en train de se payer une tranche de franche rigolade.

Le pouvoir législatif (le parlement qui adopte à son insu un texte ad-hoc), le pouvoir judiciaire (qui a les pieds et poings liés), le pouvoir exécutif (la Mivilude), tous trois ridiculisés par la Scientologie... Quel échec, quelle consternation...

À quand un culte du code ASCII ou du code Morse ?

Cette semaine, France 2 a diffusé une fiction en deux épisodes, intitulée Une lumière dans la nuit, qui a été primée et a fait l'objet d'une bonne critique, notamment de l'exigeant Télérama.

Ce film est plutôt bien ficelé, et l'on passerait un bon moment si l'intrigue n'était pas malheureusement dénuée d'intérêt. Pour résumer, tout commence par l'invention par Louis Braille d'un codage en relief des caractères pour les aveugles. Lors d'une démo du système, des militaires français et britanniques, convaincus de son utilité militaire (pour la transmission secrète de messages), décident de s'emparer de la « matrice », une sorte de pince servant à embosser les caractères. Tout le film tourne autour des tentatives d'obtention de la « matrice » par les militaires, de la fuite en avant de Braille pour la protéger, et de la quête actuelle de cet objet.

Tout cela est du grand n'importe-quoi. Une démo du système de Braille suffit pour en comprendre le principe, et de là, le code précis établi par Braille, et donc la « matrice » n'ont aucun intérêt. Il ne sert à rien de chercher à obtenir la « matrice » (et donc également de vouloir la protéger), puisque n'importe-qui peut établir son propre code, qui certes sera différent de celui de Braille, mais en aura toutes les caractéristiques. Un peu comme s'il avait fallu faire des drames autour du code ASCII alors qu'il suffisait d'inventer EBCDIC ou un quelconque autre code pour obtenir un fonctionnement strictement équivalent.

Le scénariste semble avoir oublié que la principale caractéristique d'un code, c'est d'être une convention, et donc d'être parfaitement interchangeable. Qu'un scénario si léger ait pu donner lieu à un film est surprenant, qu'il ait été sélectionné pour diffusion par France Télévisions l'est encore plus, mais ce n'est pas le plus dérangeant. Ce qui me met mal à l'aise, c'est le mystère qui est fait autour du code Braille, qui en réalité n'a vraiment rien d'exceptionnel ni encore moins de mystérieux. Et lorsque l'on essaie de me faire voir du mystère (accompagné au passage d'une vénération plus-que-quasi-religieuse) là où il n'y en a pas, je ne peux m'empêcher de sentir des relents d'obscurantisme...

Le LHC et les obscurantistes

2006, Minatec s'installe à Grenoble. Délire paranoïaque mâtiné de new age : la méchante nacroscience et ses chercheurs richissimes (!) vont piquer les logements des braves Grenoblois tout en préparant la destruction de l'humanité.

2008, premier faisceau au LHC (bravo !). Re-délire paranoïaque (voir les commentaires) : la science inutile a créé une chimère qui détruira l'humanité (via Daniel Glazman). Update : le modérateur semble avoir retiré les pires des messages...

Si l'humanité a une constante, c'est bien la connerie la plus abjecte. Mais qu'est-ce que j'ai bien pu faire pour naître chez ces fous ?

Violence misogyne ordinaire

J'ai déjà écrit dans ce carnet sur l'usage français des titres madame et mademoiselle que je trouve franchement dégradant pour les femmes. Je vais ici aborder les notions connexes de nom de jeune fille et de nom d'épouse... Il est en effet d'usage[1] que les femmes changent de nom lorsqu'elles se marient, prenant ainsi le nom de leur conjoint.

Mais pourquoi faudrait-il donc renoncer à son nom lorsqu'on se marie ? Son propre nom, ce n'est pas un détail anodin. Au contraire, c'est un constituant essentiel de son identité, quelque-chose avec lequel on a grandi, avec lequel on s'est forgé une personnalité. Accessoirement, on a pu y capitaliser une certaine réputation, précisément une certaine renommée. Abandonner son nom, c'est donc renoncer à son identité, renoncer à l'image que d'autres peuvent avoir de soi, en un mot, c'est ne plus être soi-même.

Mais il y a plus grave : comment ne pas voir dans ce changement de nom une soumission affichée à son mari, ce dernier devenant littéralement propriétaire de son épouse ? La femme se trouve reléguée au rang d'objet, sur lequel l'époux pourrait apposer sa marque. Un peu de la même façon que le nom du titulaire est indiqué sur la carte grise d'une voiture...

Encore une fois, cela plaît à certaines femmes, et libre à elles. Mais que l'on ne vienne pas prétendre qu'il s'agit d'une tradition saine et que ce n'est qu'un détail. Certes, c'est un point particulier, mais avez-vous remarqué comment une bonne partie des points particuliers de la société ont étrangement tendance à se retourner contre les femmes ? Presque à chaque fois qu'il existe une tradition avilissante, ce sont les femmes qui en font les frais ! La vie d'une femme peut ainsi être vue comme une somme de petites humiliations, chacune d'aspect mineur, mais qui au final traduisent un machisme ambiant bien réel, bien perceptible, et surtout infamant pour les femmes.

Ainsi, je considère qu'il n'y a pas de détail qui tienne : il faut n'en laisser passer aucun, et dans tous les cas réfléchir en son âme et conscience à ce que l'on veut soi-même, sans se croire obligé(e) d'accepter les couleuvres que la pression sociale cherche à nous faire avaler.

Notes

[1] Il s'agit bien d'un usage, et pas d'une obligation légale. Voir l'excellent texte de SOS Femmes et les explications du site gouvernemental sur le mariage, qui sont tous deux catégoriques, et citent la législation pertinente.

Consternant

Hélas, ce n'est pas une blague de 1er avril... D'après un sondage de Newsweek, 48 % des américains rejettent la théorie de l'évolution. Et 34 % des diplômés d'université considèrent comme un fait acquis la fable de la création du monde en l'état actuel par un dieu il y a 10000 ans...

Pour ma part, je laisse ces braves gens s'extasier sur Conservapedia[1]., et je m'en retourne contribuer à Wikipédia...

Notes

[1] Conservapedia, « a conservative encyclopedia you can trust ». Pour bien saisir la portée du mot trust, voir par exemple le paragraphe « Origins » de l'article sur le Koala.

Valid HTML5? © .
Propulsé par DotClear.