Christophe Jacquet — Carnet — Mot-clé : Obscurantisme

KISS

A few years ago I administered a test in which I asked students to expand the KISS acronym (“Keep It Simple Stupid”). Although I had explained the KISS principle during the classes, I got some “interesting answers”:

  • Kinesthetic Interface State System
  • Keystroke Interface System Software
  • Keyboard Input Single Static
  • Keystroke Interface Selection
  • Knowledge Identify Simplify Steps
  • Keystroke Interface System
  • Knowledge Interesting Sensitive
  • Key Interface Sensitive Software
  • Keyboard, Interaction, Selection, Separation
  • Keystroke Interaction Simple
  • — Interface Simple Stupid
  • Keystroke Interaction — —
  • Keep It Simply Stupid
  • Keystroke Interface State
  • Keystroke Interface Selection State
  • Keyboard Interaction Service System
  • Keystroke Interaction Selection System
  • Keystroke Interaction Shape State machine
  • Keystroke Interaction System Solution
  • Keyword Interface Simple Services
  • Keystroke Interface Service Simple
  • Keep Interface Simple System
  • Keystrocking (sic) Interactivity Size Shape
  • Kiosk Interactive Simple Software
  • Keyboard Interface Signification Sensibility
  • Kinestesic Interaction Sensor Sensitive
  • Knowledgeable Interactive Simple Safe
  • and finally: Kabul Is Soft Saber (for Bush)

À quand un culte du code ASCII ou du code Morse ?

Cette semaine, France 2 a diffusé une fiction en deux épisodes, intitulée Une lumière dans la nuit, qui a été primée et a fait l'objet d'une bonne critique, notamment de l'exigeant Télérama.

Ce film est plutôt bien ficelé, et l'on passerait un bon moment si l'intrigue n'était pas malheureusement dénuée d'intérêt. Pour résumer, tout commence par l'invention par Louis Braille d'un codage en relief des caractères pour les aveugles. Lors d'une démo du système, des militaires français et britanniques, convaincus de son utilité militaire (pour la transmission secrète de messages), décident de s'emparer de la « matrice », une sorte de pince servant à embosser les caractères. Tout le film tourne autour des tentatives d'obtention de la « matrice » par les militaires, de la fuite en avant de Braille pour la protéger, et de la quête actuelle de cet objet.

Tout cela est du grand n'importe-quoi. Une démo du système de Braille suffit pour en comprendre le principe, et de là, le code précis établi par Braille, et donc la « matrice » n'ont aucun intérêt. Il ne sert à rien de chercher à obtenir la « matrice » (et donc également de vouloir la protéger), puisque n'importe-qui peut établir son propre code, qui certes sera différent de celui de Braille, mais en aura toutes les caractéristiques. Un peu comme s'il avait fallu faire des drames autour du code ASCII alors qu'il suffisait d'inventer EBCDIC ou un quelconque autre code pour obtenir un fonctionnement strictement équivalent.

Le scénariste semble avoir oublié que la principale caractéristique d'un code, c'est d'être une convention, et donc d'être parfaitement interchangeable. Qu'un scénario si léger ait pu donner lieu à un film est surprenant, qu'il ait été sélectionné pour diffusion par France Télévisions l'est encore plus, mais ce n'est pas le plus dérangeant. Ce qui me met mal à l'aise, c'est le mystère qui est fait autour du code Braille, qui en réalité n'a vraiment rien d'exceptionnel ni encore moins de mystérieux. Et lorsque l'on essaie de me faire voir du mystère (accompagné au passage d'une vénération plus-que-quasi-religieuse) là où il n'y en a pas, je ne peux m'empêcher de sentir des relents d'obscurantisme...

Violence misogyne ordinaire

J'ai déjà écrit dans ce carnet sur l'usage français des titres madame et mademoiselle que je trouve franchement dégradant pour les femmes. Je vais ici aborder les notions connexes de nom de jeune fille et de nom d'épouse... Il est en effet d'usage[1] que les femmes changent de nom lorsqu'elles se marient, prenant ainsi le nom de leur conjoint.

Mais pourquoi faudrait-il donc renoncer à son nom lorsqu'on se marie ? Son propre nom, ce n'est pas un détail anodin. Au contraire, c'est un constituant essentiel de son identité, quelque-chose avec lequel on a grandi, avec lequel on s'est forgé une personnalité. Accessoirement, on a pu y capitaliser une certaine réputation, précisément une certaine renommée. Abandonner son nom, c'est donc renoncer à son identité, renoncer à l'image que d'autres peuvent avoir de soi, en un mot, c'est ne plus être soi-même.

Mais il y a plus grave : comment ne pas voir dans ce changement de nom une soumission affichée à son mari, ce dernier devenant littéralement propriétaire de son épouse ? La femme se trouve reléguée au rang d'objet, sur lequel l'époux pourrait apposer sa marque. Un peu de la même façon que le nom du titulaire est indiqué sur la carte grise d'une voiture...

Encore une fois, cela plaît à certaines femmes, et libre à elles. Mais que l'on ne vienne pas prétendre qu'il s'agit d'une tradition saine et que ce n'est qu'un détail. Certes, c'est un point particulier, mais avez-vous remarqué comment une bonne partie des points particuliers de la société ont étrangement tendance à se retourner contre les femmes ? Presque à chaque fois qu'il existe une tradition avilissante, ce sont les femmes qui en font les frais ! La vie d'une femme peut ainsi être vue comme une somme de petites humiliations, chacune d'aspect mineur, mais qui au final traduisent un machisme ambiant bien réel, bien perceptible, et surtout infamant pour les femmes.

Ainsi, je considère qu'il n'y a pas de détail qui tienne : il faut n'en laisser passer aucun, et dans tous les cas réfléchir en son âme et conscience à ce que l'on veut soi-même, sans se croire obligé(e) d'accepter les couleuvres que la pression sociale cherche à nous faire avaler.

Notes

[1] Il s'agit bien d'un usage, et pas d'une obligation légale. Voir l'excellent texte de SOS Femmes et les explications du site gouvernemental sur le mariage, qui sont tous deux catégoriques, et citent la législation pertinente.

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