Christophe Jacquet — Carnet — Mot-clé : Standards

Là, ça sent vraiment mauvais...

Loi dite « Hadopi » en préparation :

  • pour se connecter à Internet chez soi sans craindre des poursuites judiciaires infondées (en encore...), il faudra disposer de mouchards payants. C'est « marrant », c'était aussi le cas des télécrans chez Orwell... Et quid de l'interopérabilité ? « Je n’y suis pas favorable. [...] L’interopérabilité n’est pas nécessaire pour les consommateurs et elle est trop contraignante pour les éditeurs de logiciels » (Franck Riester, rapporteur du projet de loi). Ouch !
  • bon, OK, nous disons-nous, dans ce cas nous n'aurons plus Internet à la maison. Nous irons au cybercafé. Que nenni ! Le filtrage du contenu était évoqué depuis quelques mois, mais Christine Albanel évoqué sérieusement une liste blanche comportant « des milliers de sites web ». Outre l'aspect liberticide de la chose, qu'une ministre de la culture puisse s'imaginer que le sous-ensemble légal du web est réduit à quelques milliers de sites, ça vous fiche quand-même la nausée...

J'insiste, ces graves événements ont lieu en France, pas en Birmanie, ni à Cuba, ni en Chine...

À lire : La loi Création et Internet, le chant du cygne et le maquis, sur Framablog.

Lampes fluocompactes

Je viens de devoir remplacer une lampe fluocompacte. J'ai profité de l'occasion pour m'intéresser un peu à marché et rechercher une bonne lampe. Ce billet fait d'abord un bilan économique de la lampe précédente, qui a duré 40 mois, puis présente quelques critères de choix.

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IE7 version finale

Le premier écran affiché après le passage de mon Internet Explorer à la version 7 augure mal de la suite...

Écran d'accueil d'Internet Explorer 7

Unités

Humps for 60 yards. Limited height: 3.0 mMes aventures britanniques, III — systèmes d'unités

Utilisé seul, le système impérial d'unités me donne déjà des boutons.

Mais alors, quand on le mélange subtilement avec le système métrique...

Le passé n'a pas d'avenir

Séquence nostalgie ce week-end, alors que je fais du tri dans ma chambre d'enfant et d'adolescent. J'en retiens une impression générale d'obsolescence :

  • obsolètes, les specs de logiciels que je programmais entre 1994 et 1996... Des chemises remplies de papiers, des listings en continu : tout cela ne veut plus dire grand-chose maintenant. Les logiciels sont achevés depuis bien longtemps[1], je n'y retoucherai certainement plus jamais...
  • obsolètes, les bouquins de lycée ou de prépa ;
  • obsolètes, les médias d'hier : les disquettes 3"1/2, les disquettes ZIP et leur lecteur, les cassettes audio, les Minidiscs et leur lecteur, les VHS, etc. etc ;
  • obsolète enfin, le matériel informatique dont plus personne ne veut (écrans 14", scanner à interface propriétaire sur bus ISA...) ;
  • obsolètes, les périodiques qui ne parlent que d'hier...

Alors au final, qu'est-ce qui n'est pas obsolète ? Les livres généraux, ce que j'ai pu créer pendant mes jeunes années, quelques bibelots. Pas grand-chose de plus. Dire que quand j'étais ado, j'accumulais les docs, les enregistrements, les revues. Je classais, rangeais, étiquetais, pour l'avenir... Aujourd'hui, je me rends compte que ça n'a pas beaucoup de sens, car l'avenir est différent de tout ce que je pouvais imaginer, et je n'ai de toute façon pas le temps de consulter mes archives. Cela fait méditer...

Notes

[1] et même disponibles en ligne.

La fin de la thésaurisation

Dans la série « passions du passé », je vais commencer par aborder la thésaurisation de la musique. Mais késako ? Que nous chante-t-il donc ? Du calme ! Je suis persuadé que si vous avez été adolescent entre, disons, 1980 et 2000, vous avez participé à ce mouvement...

Le jeu consiste à accumuler chez soi, sur cassettes audio, des enregistrement de ses musiques et chansons préférées. Par quels moyens les obtient-on ? Le moyen le plus simple, c'est d'enregistrer la radio. Simple, mais pas très sûr... Ah, que d'intros coupées ! Mais aussi, que de réflexes, que de bonds capricieux en direction des chaînes hifi ! Mais aussi, quelle satisfaction, lorsqu'on réussissait à capturer l'oiseau rare en entier, les premières mesures d'un « partenaire particulier » ou, selon les goûts, l'intro d'un « smoke under water » ! Parce que lorsqu'on avait réalisé un tel enregistrement, il nous appartenait, le bougre, on l'avait gagné à la sueur de notre front, au mépris de nos nerfs !

Bien entendu, on pouvait aussi repiquer le CD d'un copain (ou le vinyle pour les plus anciens...). Mais franchement, ça manquait de panache. Et puis est arrivé le MP3 et le téléchargement illégal. Alors là, plus aucun mérite, plus aucune finesse : les ados pouvaient tout avoir, sans effort, sans rien payer. Cependant, la thésaurisation continuait, même si elle était simplifiée.

Qu'en est-il maitenant ? La thésaurisation continue, par tous les moyens évoqués ci-dessus. Mais pour combien de temps ? Car si l'on peut toujours enregistrer la radio, l'industrie du disque rêve du moment où les diffuseurs pourront décider de l'enregistrabilité de leurs émissions (c'est prévu dans le standard de télévision HDMI). Et de toute façon, la copie privée sera limitée lorsque nous serons passé au tout numérique : alors l'archivage sur cassettes des morceaux enregistrés, le partage avec les copains... Et même chose en ce qui concerne l'achat de musique : si un morceau acheté (ou plutôt loué) ne devient pas illisible après une période définie, il le sera de toute façon lors de la péremption du support.

Je pense donc que les jours de la thésaurisation sont comptés. Tout se passe comme si nous étions en train d'abandonner le modèle de la propriété privée, dans certains domaines du moins. On ne pourra plus posséder sa copie, son enregistrement, bien à soi, effectué avec amour. Par contre, on sera gentiment invité à payer régulièrement pour continuer à écouter[1] un morceau sur lequel on n'aura aucun droit...

Les temps changent. Etant ado, je me suis passé en boucle mes propres enregistrements préférés, que de toute façon je n'aurais pas eu les moyens de m'acheter sur CD. Peut-être que la fin de la propriété privée, c'est l'avenir, c'est le progrès. Franchement, je n'en sais rien. Mais en tout cas, ça me fait tout drôle de penser que les générations futures ne pourront plus s'amuser et s'éveiller à la culture comme je l'ai fait...

Notes

[1] ou lire, cette réflexion ne se limite pas à la musique

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